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Économie

Fintech africaine : de l'inclusion financière à l'infrastructure économique

Le secteur de la Fintech en Afrique entre dans un nouveau chapitre, marqué par une transition des paiements numériques vers une véritable infrastructure économique continentale.

Kwame Asante9 mai 20262 vues
Fintech africaine : de l'inclusion financière à l'infrastructure économique

Pendant des années, la Fintech africaine a vendu un récit : donner accès aux services financiers à ceux que les banques traditionnelles ignoraient. Ce récit a fonctionné. M-Pesa au Kenya, Wave au Sénégal, Flutterwave au Nigeria — des millions de personnes ont ouvert leur premier compte, effectué leur premier virement, obtenu leur premier crédit via leur téléphone.

Aujourd'hui, ce chapitre se referme. Un nouveau s'ouvre. Les paiements numériques ne sont plus un outil d'inclusion : ils deviennent l'infrastructure même de l'économie africaine. C'est le constat central de l'Africa Fintech Summit et du 3i Africa Summit, réunis à Accra pour prendre le pouls d'un secteur en pleine mutation.

La rupture la plus significative est celle entre fintechs et banques. Deux mondes qui se regardaient en chiens de faïence il y a cinq ans collaborent désormais, chacun apportant ce que l'autre n'a pas : agilité technologique d'un côté, solidité réglementaire et base de clients de l'autre. En 2025, les fintechs africaines ont levé plus de 2,5 milliards de dollars, une part croissante venant d'investisseurs institutionnels africains eux-mêmes.

Le vrai défi des prochaines années : relier entre eux les systèmes de paiement nationaux pour que l'argent circule aussi librement entre Lagos et Dakar qu'entre Paris et Berlin. La ZLECAf a posé le cadre commercial. La Fintech doit maintenant construire les tuyaux.

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Kwame Asante

Kwame Asante

Journaliste

Économiste de formation, Kwame Asante couvre les marchés africains depuis Accra. Ancien analyste à la Banque africaine de développement, il décrypte les flux d'investissement, les politiques monétaires et les dynamiques commerciales du continent avec une rigueur qui lui a valu la confiance des milieux d'affaires panafricains.