Le continent africain fait face à un défi majeur : structurer son architecture financière pour combler un déficit de financement des infrastructures estimé entre 130 et 170 milliards de dollars par an. Les experts s'accordent à dire que l'Afrique ne souffre pas seulement d'un manque de capitaux, mais d'une inadéquation entre les ressources disponibles et les besoins réels à long terme.
Selon de récentes analyses, l'amélioration de l'efficacité de la mobilisation des ressources internes pourrait libérer jusqu'à 1,43 trillion de dollars. La Banque Africaine de Développement (BAD) joue un rôle de catalyseur dans cette dynamique, ayant déjà investi plus de 100 milliards de dollars au cours de la dernière décennie. L'objectif est clair : réduire la dépendance aux financements extérieurs souvent trop courts et exposés aux risques de change.
L'intégration des marchés financiers africains, facilitée par des initiatives comme le système de paiement transfrontalier PAPSS, est essentielle. En développant des institutions financières régionales fortes et en favorisant la dette en monnaie locale, l'Afrique pose les jalons d'une véritable souveraineté financière, indispensable pour soutenir son industrialisation et sa transition énergétique.


