Nairobi, les 11 et 12 mai 2026. La France et le Kenya co-organisent le sommet Africa Forward, et le choix du lieu dit déjà beaucoup. Pas Paris, pas Bruxelles : Nairobi, capitale technologique de l'Afrique de l'Est, ville de startups et de capitaux, symbole d'un continent qui a décidé de fixer lui-même l'agenda.
Le message est clair dès l'ouverture : ce sommet ne sera pas un sommet franco-africain de plus. Fini les discussions sur la sécurité et l'aide au développement qui ont longtemps dominé ces rencontres. Africa Forward met l'économie, l'entrepreneuriat et la jeunesse au centre — et reléguant les questions militaires à la marge, au moment où plusieurs pays africains ont montré la porte aux forces françaises.
L'Agence Française de Développement a consacré 13,7 milliards d'euros à l'Afrique en 2025, soit 30% de son activité totale. Le chiffre est présenté comme une preuve d'engagement. Des voix africaines lui opposent une autre lecture : des financements qui créent de la dépendance plutôt que de l'autonomie, des conditions qui orientent les politiques publiques plus qu'elles ne les soutiennent.
Africa Forward est une tentative de réponse à cette critique. Si elle sera convaincante, c'est ce que les mois qui suivent diront — les sommets se jugent aux actes, pas aux discours d'ouverture.


