Les villages de Korikori et Gomossogou, région de Mopti, centre du Mali. Des hommes armés ont attaqué les populations civiles. Le groupe JNIM — Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, branche sahélienne d'Al-Qaïda — a revendiqué les faits. Bilan : entre 30 et 50 morts selon les sources humanitaires sur le terrain, dans une région où les chiffres sont difficiles à vérifier tant l'accès est restreint.
Mopti n'est pas une surprise. La région est devenue l'un des épicentres de la violence djihadiste au Sahel depuis plusieurs années. Les Forces armées maliennes, appuyées par des instructeurs du groupe Wagner depuis le départ des soldats français de l'opération Barkhane, peinent à tenir un territoire immense avec des moyens insuffisants et une population qui a perdu confiance dans la capacité de l'État à la protéger.
À Bamako, la tension générée par ces attaques a débordé autrement. Des innocents accusés à tort de complicité avec les terroristes ont été lynchés dans la capitale. Les autorités de la transition ont condamné ces actes. La réalité est que la peur et la méfiance ont atteint un niveau où la violence populaire devient une réponse à l'absence de justice.
Dans la région de Mopti, des centaines de milliers de personnes sont déplacées. Les écoles sont fermées. Les organisations humanitaires réclament un accès sécurisé que personne n'est en mesure de garantir.


