Du 6 au 10 mai 2026, le cinéma L'Arlequin à Paris accueille la 13e édition de NollywoodWeek. Cinq jours de projections, de débats et de rencontres professionnelles autour du cinéma nigérian et africain contemporain — et une question qui traverse chaque séance : comment une industrie née dans les années 1990 avec des caméras VHS est-elle devenue la deuxième industrie cinématographique mondiale en volume de production ?
La réponse est dans les films eux-mêmes. Nollywood produit plus de 2 500 films par an, raconte des histoires que personne d'autre ne raconte, parle à des publics que Hollywood et Bollywood n'ont jamais cherché à atteindre. L'Afrique se regarde enfin elle-même sur grand écran, dans ses langues, avec ses visages, ses contradictions et ses aspirations.
Thomas Ngijol est le parrain de cette édition. Le comédien franco-camerounais présente Indomptables, son dernier film tourné au Cameroun, portrait vibrant d'une jeunesse africaine qui refuse les cases qu'on lui a préparées. Sa présence dit quelque chose sur l'évolution du cinéma africain : les frontières entre Nollywood, le cinéma francophone et les productions diasporiques s'estompent.
Au-delà des projections, NollywoodWeek est devenu un marché. Producteurs africains et distributeurs européens s'y retrouvent pour négocier, co-produire, ouvrir de nouveaux circuits de diffusion. L'industrie ne cherche plus la validation internationale — elle négocie ses conditions.


