À Dakar, les gouverneurs des banques centrales de 54 pays africains se sont retrouvés pour la première réunion de l'année 2026 de l'Association des Banques Centrales Africaines (ABCA). L'ordre du jour était ambitieux : avancer concrètement vers la création d'une Banque Centrale Africaine, projet inscrit dans l'Agenda 2063 de l'Union africaine depuis des années mais qui peine à se matérialiser.
L'étape immédiate est l'opérationnalisation de l'Institut Monétaire Africain. Cet organisme aura pour mission d'harmoniser les politiques monétaires régionales, de coordonner les taux de change et de préparer le terrain pour une éventuelle monnaie commune. Un travail de longue haleine, technique et politique à la fois.
Le débat sur la monnaie unique africaine reste vif. Ses défenseurs rappellent que les échanges intra-africains ne représentent que 15 à 17% du commerce total du continent, contre plus de 60% en Europe — et qu'une monnaie commune serait un levier puissant pour changer cette réalité. Ses critiques soulignent les divergences structurelles profondes entre des économies aussi différentes que l'Éthiopie, le Nigeria ou le Maroc, et les risques d'une convergence forcée.
La réunion de Dakar a aussi abordé des sujets plus immédiats : cybersécurité financière, régulation des crypto-actifs, interopérabilité des paiements mobiles. Des questions concrètes, urgentes, qui n'attendent pas que la Banque Centrale Africaine soit créée.


